Travailler en jouant

Ou devrais-je dire jouer en travaillant?

Les mondes 3D tels que Second Life sont encore et toujours perçus par la grande majorité des néophytes comme des jeux, des espaces de divertissement. Il est vrai qu’on y joue beaucoup. Cependant, le jeu dans Second Life n’a plus grand chose à voir avec les jeux d’arcades des années 90. Là, le jeu est devenu une expérience immersive beaucoup plus riche et plus complexe aussi, composée de nouveaux ingrédients: communication, socialisation, collaboration, commerce, création, éducation, formation, travail. Vous avez bien lu travail, une notion encore en totale contradiction avec celle du loisir ou du divertissement.

Pourtant, certains techno-penseurs voient déjà dans Second Life le bureau du futur, un endroit où la frontière entre jeu et travail deviendra de plus en plus floue. Certains prédisent également que nous intègregrons progressivement des comportements dits ludiques dans notre travail de tous les jours.

Un bon exemple est celui de la messagerie instantanée. Considérée il n’y a pas si longtemps encore par les entreprises comme une activité typiquement juvénile (donc peu sérieuse), contre-productive voire risquée dans un contexte professionnel, elle est aujourd’hui devenue essentielle pour les travailleurs du savoir. Certains exigent même dès leur entretien d’embauche de pouvoir en disposer!

Les générations futures considèreront la messagerie instantanée comme une évidence. Certes, les contacts privés y côtoient les relations d’affaires mais l’ensemble constitue ce “tissu” social unifié qui permet des interactions plus nombreuses, plus fréquentes, plus complexes, plus riches. Les échanges professionnels et privés qui s’y créent, s’entre-mêlent, se succèdent, parfois se confondent. La messagerie instantanée fait tout simplement partie de la vie, privée et professionnelle, de plus en plus de personnes. On quitte donc peu à peu le stéréotype du jeu.

Il y a d’autres exemples plus récents: les réseaux sociaux tels que MySpace ou Facebook, les blogs, le bookmarking social, etc. Ce sont des plates-formes encore assimilées au divertissement et opposées aux outils dits professionnels: les CRM, CMS, ERP, etc.

Pour revenir à Second Life, les grandes entreprises comme Sun, IBM, Microsoft, Amazon, Accenture, GM, Toyota, Sony, Dell, Reuters, Cisco, Adidas, j’en passe et des meilleures, l’explorent et l’étudient déjà de l’intérieur. Pour la publicité et le marketing dit-on. Et si c’était pour de toutes autres raisons? Peut-être même des raisons inconscientes. Comme une sorte d’intuition qu’il s’y passera demain bien plus de choses qu’on n’imagine aujourd’hui.

Et si Gartner avait raison, en prédisant que 80% des internautes auront leur “seconde vie” d’ici 2011? Et si Second Life préfigurait vraiment le web de demain?

Si ce sujet vous intéresse, je vous recommande les quatres vidéos interviews de Robert Scoble:

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