Et voilà, j’avais raison, on est en train de se planter grave. Vendredi dernier, avait lieu la soirée des ambassadeurs européens à Berne. Une vingtaine d’embassadeurs représentant les anciens et quelques-uns des dix nouveaux membres de l’Union Européenne. Le Conseil Fédéral était évidemment invité, mais seul un obscur fonctionnaire, le chef du protocole, était présent. Micheline Calmy-Rey était soi-disant retenue ailleurs, les autres membres du gouvernement, y.c. Joseph Deiss, ignoraient l’existence de l’invitation. Emberlificotés que nous sommes dans le dossier des bilatérales, ignorer ce genre de réunion ne renforce évidemment pas les liens.
Puisqu’on y est, la Suisse aurait maintenant offert un milliard de francs à l’Union Européenne pour conclure dans dix jours les négociations. Cette somme, répartie sur cinq ans, représenterait la contribution de la Confédération au fonds de cohésion. Mais c’est la Suisse qui gérerait et répartirait cette somme dans les pays pauvres de l’UE. Une somme qui ferait partie d’un paquet où seraient réglées les bilatérales II, les questions liées à l’élargissement et la participation au fonds de cohésion. Reste un problème: celui du vote populaire sur le traité. Faudra-t-il soumettre l’ensemble au référendum ou chaque accord séparément? Mais dans ce cas, comment justifier auprès de Bruxelles un non possible à l’un ou l’autre des accords? Bienvenue dans l’enfer des bilatérales…
Nous disons donc un milliard sur cinq ans. Auquel on peut ajouter environ 100 millions. Mais comment ce fait-ce? Simple. M. Samuel Schmid projette l’achat de 25 nouveaux chars. Fantastique idée pour notre pays minuscule isolé au milieu d’une Europe, et compte tenu de la quasi-absence de menace. Sans oublier que la Suisse est en train de réduire l’effectif de ses chars de combat et cherche désespérément un acheteur pour 150 chars Leopard… Mais où va-t-on? Vous saurez tout quand je vous aurai dit que ces nouveaux chars sont développés par l’entreprise d’armement de la Confédération et que l’unique but de cette dernière semble être d’y soutenir l’emploi alors qu’elle traverse une passe économique difficile. Sans commentaires.