Intelligence économique en Suisse

14 janvier 2007

Ollie

10 commentaires

Le Temps.ch consacrait vendredi un court article à l’intelligence économique et à la veille stratégique, deux disciplines qui commencent tout juste à susciter un début de commencement d’intérêt en Suisse.

J’ai personnellement tenté de sensibiliser quelques entreprises locales à la veille, dans plusieurs domaines tels que la concurrence, la technologie, le marché, l’innovation, etc. Le feedback est sensiblement le même partout, voici quelques exemples:

  • “Nous sommes le leader sur notre marché, inutile de perdre notre temps avec ça.”
  • “De toute façon nous avons le plus de parts de marché.”
  • “Pas le temps pour ça.”
  • “Nous sommes en phase de réduction de budget, alors…”
  • “Nous avons nos méthodes, elles suffisent.”
  • “Si un concurrent arrive, nous le saurons bien.”
  • “Nous sommes abonnés à plusieurs revues spécialisées.”
  • “Nous faisons confiance à nos commerciaux.”
  • “Notre département Marketing a fait un sondage.”
  • Etc.

A l’heure où plus d’entreprises suisses que nous n’imaginez sont enfoncées dans leurs vieilles lourdeurs administratives, engagent encore du personnel pour ranger dans des classeurs des courriels imprimés voire des bulletins de commandes remplis manuellement, la prise de conscience, n’en est qu’au tout début. Leur parler de veille, ne serait-ce que de simples alertes Google, relève d’un sérieux défi!

A vrai dire, le paysage économique suisse (suisse romand en particulier), petit, encore très protégé politiquement, narcissique parfois, va sans doute payer le prix fort de son inertie et de son egocentrisme hérités des décennies passées. L’Europe, les marchés émergents, la mondialisation vont peser de tout leur poids sur la toute petite Suisse; plus la prise de conscience sera tardive, plus elle sera douloureuse.

Evidemment, “prendre en compte les activités de la concurrence, les signaux faibles du marché annonçant des mutations technologiques et l’évolution du comportement de leurs clients, dans le but de mieux anticiper les changements et d’accroître leur avantage compétitif devrait être le pain quotidien de tout dirigeant de PME qui ne veut pas manquer le virage du futur.” Cependant, on constate que la notion même de virage ou de futur est encore floue.

A bon entendeur.

10 commentaires à propos de "Intelligence économique en Suisse"

lyonelk a dit:
14.1.2007

Au boulot ! Courage.

Bien sûr que l’archivage papier des mails est carictural. Quoique même… l’archivage papier, suivant la taille de l’entreprise, est peut-être moins coûteux qu’un système d’archivage numérique. J’aime bien comprendre la logique des acteurs et partir du point de vue que leur comportement est rationnel (du moins de leur point de vue). Je pense qu’en intégrant le point de vue de l’acteur, tu seras mieux en mesure de lui offrir les outils d’intelligence économique et de la veille stratégique dont il sera ensuite preneur.

Dans le même temps, je pense que cela dépend dans quelle direction la PME travaille. Marché intérieur peu influencée par des entreprises extérieures, marché à l’exportation. Bien qu’il n’y ait pas de marché intérieur sans aucune influence externe et qu’un marché – peu ouvert et peu influencé par l’exétérieur- peut voir sa situation change (voir le commerce de vente par correspondance et Veillon, mais l’entreprise était consciente de la nouvelle donne qui se profilait et son patron militait pour l’intégration européenne).

Personnellement, je suis plus inquiet à un niveau macro et c’est la mise au placard des réflexions sur l’intégration européenne qui me fait souci.

Eric a dit:
14.1.2007

Ayant travaillé dans le domaine de la veille et de l’intelligence économique il y a dix ans déjà, je désespère de voir que les réponses sont toujours les mêmes. Il a toujours été difficile de vendre de l’information et ce le sera certainement toujours. Dans le domaine de la finance, il semble que ce soit mieux accepté.

Missmath a dit:
15.1.2007

Cher Ollie,

Il y a 1700 générations (ça fait du temps), l’humanité développait le langage. Il y a 300 générations, elle développait l’écriture. Il y a 35 générations, l’imprimerie. Il y a 6 générations à peu près (1910), le télégraphe. Entre ces divers modes, il y a eu tellement de temps, que dis-je, de générations, que les gens avaient le temps de s’adapter. Mais quand on songe à l’accélération qu’il y a eu par la suite (téléphone, radio, télévision, fax, internet, web 2.0,…), on s’aperçoit que pour certains, la technologie va trop vite. Leurs réflexes sont au stade papier-crayon-téléphone.

Mais il y a une lueur d’espoir, car les “digital natives” se préparent à prendre leur place… et je pense, Ollie, que tu fais partie de ce groupe… enfin, tu peux en faire le test à l’adresse : http://coe.sdsu.edu/eet/articles/digitalnatives/index.htm

Mais je m’éloigne du propos, alors je te salue.

18.1.2007

Hello Ollie,
toujours dans l’idée de Missmath de s’éloigner du débat premier, quoi que ? Je te propose de faire un tour sur http://www.idprod.ch/~james/?p=111 pour y découvrir une des interviews relatives au Web3 de Paris. La rencontre d’un patron suisse qui ose, à mon sens, un pari fou dans son approche étude de marché.
peut être un grande première ? qu’en pensez-vous ?

Ollie a dit:
18.1.2007

Thierry, c’est un excellent contre-exemple du cas Vichy, en tout cas de la première version du Journal de ma peau. Je pense que ça méritait un petit billet:

http://b-spirit.com/fr/blog/index.php?p=815

Je suis curieux de voir la suite…

[...] à l’Est), L’intelligence économique en Russie (Regards à l’Est) Suisse : Intelligence économique en Suisse (Le blog à Ollie) Tunisie : tag Tunisie sur Vedocci Tags Vedocci: Afri [...]

30.4.2008

Madame, Monsieur,

La Haute Ecole de Gestion – Genève (www.hesge.ch/heg) et la Hochschule für Technik und Wirtschaf de Coire (www.htwchur.ch) mènent actuellement, dans le cadre d’un travail de bachelor, une étude sur la veille stratégique en Suisse. Cette étude est réalisée avec l’aide de l’entreprise française Digimind (www.digimind.fr), spécialiste des logiciels de veille stratégique, qui a effectué en 2007 une enquête similaire pour la France.

La notion de “veille stratégique” recouvre toutes les activités continues et itératives visant à observer des tendances, anticiper des évolutions, surveiller la concurrence et l’environnement de l’organisation, afin de créer un avantage compétitif grâce à l’identification précoce des informations stratégiques.

Nous vous prions de bien vouloir répondre à ce questionnaire avant le 05 mai 2008.

>> Cliquez sur le lien ci-dessous pour débuter l’enquête

14.7.2008

Salut ! Moi j’adore la Suisse. J’adore me promener en Suisse dans les transports publics. La Suisse a une très bonne politique écologique. Et question politique tout court c’est assez bien équilibré. On est dans un beau pays. Je suis fière de la Suisse, et en plus je suis suissesse !

Lahcen a dit:
11.11.2008

Bonjour,

Pour ma part je suis diplômé en intelligence économique et j’habite en Suisse depuis 3 ans maintenant.

Lorsque je postulais au sein d’entreprise, mon diplôme universitaire ne voulait rien dire pour eux et surtout, il en avait peur.

Pourtant, la richesse première d’une entreprise sont ses ressources humaines, sa matière première est l’information.

Je me sers tous les jours de mes compétences et connaissances en intelligence économique pour optimiser mes résultats (qui sont très bons) dans un domaine loin du monde de la veille.

Je pense que sensibiliser les décideurs est bien, mais il faut surtout les sensibiliser à sensibiliser tous leurs employés à cette notion de l’importance de l’information et de sa remontée.

La Suisse devra d’abord se prendre quelques gifles économiques pour peut être ouvrir les yeux sur l’importance de l’utilisation de l’intelligence économique.
Si les états unis, le japon, la chine ont une politique portée sur le sujet ce n’est sûrement pas pour rien.

pierret a dit:
26.11.2008

Je suis enseignante dans l’enseignement supérieur à Caen dans le
Calvados (France).
J’encadre les travaux de plusieurs étudiants, essentiellement en
matière de mercatique internationale.
Une de mes étudiantes étudie pour le compte d’une société bas normande
la possibilité d’offrir sur le marché suisse des services de formation
en matière de gestion de crise, de sécurité et d’intelligence
économique.
Mon étudiante effectue de nombreuses recherches et a bien du mal à
trouver des informations.
J’essaie de lui apportet un peu d’aide (j’ai 35 étudiants) et votre
nom a attiré mon attention durant mes recherches.
J’ai lu que vous aviez joué un rôle important lors du colloque
franco-suisse d’intelligence économique organisé par les hautes Ecoles
en Gestion de Genève et de Neuchätel….
Je me permets donc de vous solliciter afin de vous demander si vous
auriez la gentillesse de m’adresser des informations sur ce marché.
Vous êtes mon dernier recours et j’espère obtenir une aide de votre part.
Vous souhaitant bonne réception, je vous prie, Madame, d’accepter mes
remerciements et mes salutations distinguées.
Pascale Pierret
pascalebispierret@gmail.com

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